Paroles de créateurs - Nicolas, cofondateur de Perus

Nicolas nous a reçu dans les bureaux parisiens de Perus, marque de chaussures à la fois éthiques et solidaires. Il nous explique comment un voyage entre amis s'est poursuivi en aventure entrepreneuriale, les engagements de la marque et les personnes qui l'inspirent ! 

Nicolas cofondateur Perus

 

1- Comment a commencé l'aventure Perus?

La genèse de Perus c'est un voyage entre potes. On était en fin d'études et on a rejoint un ami qui était en échange en Argentine. Il nous a dit de le rejoindre pour faire un voyage en sac à dos. Il devait finir ses examens et nous a conseillé d'aller au Pérou. Dès les premiers jours, nous sommes allés à Cusco. On se baladait et on voyait partout des objets à motifs ethniques qu'on adorait. Nous sommes tombés sur des chaussures avec ces mêmes motifs et sommes allés rencontrer le producteur. On achète la paire et on se retourne l'un vers l'autre en se disant "on a jamais vu cela en Europe, il faut absolument ramener ce concept". Au départ, c'était sur le ton de la blague mais "in fine", on est vite devenu obsédé par cette idée et on faisait de faux shooting photos avec les chaussures aux pieds sur le Machu Picchu.

Dès notre retour, nous avons commencé à travailler à temps plein sur le projet, à élaborer une stratégie, à contacter des fournisseurs ou encore des associations car on savait qu'on voulait avoir une portée sociale dès le début. On a rencontré une association même avant d'avoir le produit, qui était partante sur le principe, puis nous sommes retournés au Pérou fin octobre 2014 (soit 2 mois après notre 1er voyage) pour rencontrer les producteurs avec qui nous étions en contact dans le but de réaliser nos premiers prototypes.

Après un shooting photo là-bas, nous sommes rentrés à Paris, on a créé une page facebook mi-novembre et on a commencé à expliquer le projet, montrer des photos des produits et quand était prévu le lancement. On s'est lancé en crowdfunding en décembre 2014 avec l'objectif de pré-vendre 200 paires pour lancer la marque. On avait 1 mois pour les vendre et en fait, on les a vendu en moins d'une journée... en 20h! Au bout d'un mois, plus de 2000 paires avaient été vendues. Cela a été une énorme vague, qui nous a donné un grand élan pour nous lancer.

Après, nous avons eu quelques problèmes de production au début car on ne s'attendait pas à un tel volume. Les ateliers avec lesquels on travaillait non plus ! Cela a demandé tout un travail d'adaptation et de suivi avec eux, trouver de nouveaux partenaires pour répondre à la demande... Sur 7 à 10 mois, on a réussi à livrer tout le monde, à faire un premier stock, lancer les ventes directes sur notre site. Un an après, nous avons lancé une 2e collection avec des joggers, des cuirs, des daims... et cette année nous avons lancé deux nouveaux projets: une nouvelle marque de pull en royal alpaga et une ligne de sac à dos pour étendre notre univers, intimement lié au voyage.

 

2- Quelles sont les engagements de Perus?

Perus, cela repose sur 3 choses fondamentales:

  • l'originalité du produit avec l'utilisation des motifs ethniques;
  • le fait à la main artisanalement dans des conditions éthiques. Nous travaillons uniquement avec des petits ateliers, entre 5 et 10 artisans qui travaillent dans de bonnes conditions. Pour donner un exemple, le salaire minimum au Pérou est de 200$. Nos artisans sont payés entre 400 et 600$, soit 2 à 3 fois le salaire minimum du pays pour leur assurer des conditions de vie décentes;
  • l'aspect solidaire : Pour chaque paire achetée, on finance une journée d'école à des enfants de la région de Cusco. Depuis le début du projet, nous avons financé 25 000 jours d'école, ce qui correspond à 1 année scolaire pour 125 enfants. Grace à cette donation, l'association Los Chicos de Cusco aide de plus en plus d'écoles et donc de plus en plus d'enfants.


On essaie de faire en sorte que le projet apporte quelque chose de positif à toutes les personnes qui y travaillent. On ne souhaitait pas juste utiliser un motif traditionnel, on voulait un vrai impact local, redonner une grande partie de la valeur ajoutée aux communautés locales.

 

3- Pourquoi avoir choisi l'accès à l'éducation comme cheval de bataille?

On cherchait juste à être cohérent. On a vu une opportunité en découvrant ces motifs. Pour nous, c'était juste cohérent de le produire dans leur pays d'origine. Dans nos études, on a été sensibilisé à la responsabilité sociale des entreprises, au fait d'essayer de faire le bien. On sait qu'on ne va pas changer le monde mais on essaie de faire quelque chose de positif. Quand on a réfléchi au projet, on voulait avoir un impact social mais la question était " qu'est ce qu'on peut apporter à ces communautés?". On ne souhaitait pas dérégler les écosystèmes locaux et on en est vite arrivé à la conclusion que l'éducation était le meilleur moyen d'aider ces communautés à s'émanciper à moyen et long termes, d'avoir le bagage nécessaire pour faire ce qu'elles désirent par la suite.

4- Le fait d'être créateur d'une marque éthique a-t-il changé ta manière de consommer?

Mes associés se foutent de moi car je participe à beaucoup de projets de crowdfunding ! J'adore soutenir les petits projets. Le fait d'avoir vécu cette aventure : le lancement d'un produit, les retards de production, de voir qu'on avait des clients patients, d'autres moins... Cela fait prendre beaucoup de recul ! Prenons l'exemple de la livraison gratuite, on ne s'en rend pas compte quand on est consommateur mais pour une petite entreprise, cela a un coût énorme ! Cela a changé ma vision des choses, je suis bien plus tolérant. J'aime bien me dire qu'il y a une histoire derrière un truc que je consomme. La manière de consommer, c'est aussi une manière de voter, de faire évoluer le monde. Cela en dit long sur ce qu'on veut aider, ce qu'on veut soutenir.

5- Il y a-t-il des gens qui t'inspirent?

Ellon Musk, c'est quelqu'un d'ultra impressionnant. C'est quelqu'un qui a un profil assez atypique. Quand il annonce des projets, tout le monde se fout de lui et il réussit alors que ses projets sont absolument énormes ! Il a un réel impact sur le monde. Il ne sait pas nécessairement comment il va faire, mais il le fait et il trouvera des solutions. J'aime bien cette idée de se lancer dans le vide et de trouver des solutions ensuite. Beaucoup de gens attendent d'avoir les solutions parfaites avant de se lancer.

Perus_Gamuzon Marino 

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