Paroles de créateurs - Dieuveil et Lancine, créateurs de Umoja

Dieuveil et Lancine se sont lancés un pari (pas si) fou: quitter leurs carrières dans le droit et les assurances pour créer leur propre marque de baskets valorisant le savoir-faire traditionnel des artisans africains, le tout en utilisant des matériaux naturels et respectueux de l'environnement comme des écorces d'arbres ou du coton biologique. Cette marque, c'est UMOJA !

Umoja Shoes

 

1 - Quelle est la génèse d'Umoja?

Dieuveil: Le déclic est venu en janvier 2017, je venais de finir mes études de droit et j'étais en quête de sens. Je me suis rendu compte que ces études ne me permettraient pas d'atteindre mes idéaux... J'ai tout plaqué et j'ai fait du bénévolat. Je suis parti en Afrique de l'Ouest où j'ai découvert l'artisanat local: à la fois riche et respectueux de l'environnement. Cet artisanat n'est malheureusement pas assez valorisé et souffre de la concurrence et des contrefaçons. Je suis rentré en France avec l'envie de changer cela et j'en ai parlé à un ami, Lancine, qui m'a alors proposé: "Pourquoi ne pas faire une basket, accessoires de mode tendance, intemporel et intergénérationnel, qui mettrait justement en valeur cet artisanat?".

 

2- Comment sont fabriquées les baskets Umoja?

Lancine: Les toiles utilisées pour la fabrication de nos chaussures viennent de 5 coopératives d'artisans basées en Afrique: Côte d'Ivoire, Mali, Sénégal, Burkina et Ouganda. Les chaussures sont ensuite assemblées dans la région de Porto au Portugal.

Dieuveil: On avait l'envie de faire assembler nos chaussures en Afrique et notamment en Ethiopie mais les conditions étant parfois très opaques notamment concernant les conditions de travail des ouvriers... nous n'avons pas voulu prendre ce risque et avons fait appel à des artisans au Portugal dans le but d'avoir un produit fini de qualité et pour des questions de traçabilité et de transparence.

 

3- Pourquoi avoir décidé de produire autrement?

Lancine: Nous sommes tous les deux originaires d'Afrique. Sur le marché africain, nous ne trouvions que des produits industriels très polluants qui contribuaient à la disparition des artisans africains. Nous voulions faire quelque chose de concret pour aider ces artisans à vivre de leur art et savoir-faire.

Dieuveil: Nous faisons partie de cette génération "Colibris", d'acteurs du changement. Avec Umoja, non seulement nous favorisons ce savoir-faire artisanal mais nous souhaitons aussi montrer qu'une autre mode est possible. Il existe aujourd'hui des alternatives plus vertueuses et c'est à nous de faire notre part, de nous engager.

 

4- Le fait d'être créateurs d'une marque engagée a-t-il changé votre manière de voir les choses?

Lancine: Tout à fait! J'ai ralenti ma consommation de vêtements. Je fais plus attention à ce que j'achète. Cela reste malheureusement encore trop difficile d'obtenir des informations sur les produits qu'on achète. Beaucoup de marques se disent éthiques ou éco-responsables sans pour autant être complètement transparentes. 

Dieuveil: Plus de 93% des marques ignorent aujourd'hui l'origine des fibres textiles qu'elles utilisent. Nous souhaitions vraiment remonter toutes les chaines de production et limiter le nombre d'intermédiaires pour aller à la source et contrôler tout le processus. Au départ, dans mon esprit, la mode éthique c'était une mode de bobo. Mais après m'être renseigné et compris toute la chaîne de fabrication d'un produit, je me suis dit qu'il fallait arrêter cette politique de l'autruche, prendre les rennes et changer non seulement ma manière de me vêtir mais également remettre l'homme et la planète au cœur de mes préoccupations.

 

5- Qui sont vos héros?

Lancine: Mon héros, c'est mon père. Il m'a tout donné et a tout fait pour m'aider à arriver là où je suis aujourd'hui. J'ai énormément de respect pour lui.

Dieuveil: Sean Penn pour son naturel et son engagement. Je suis très sensible aux causes qu'il défend. Et le réalisateur coréen Park Chan-wook pour son univers artistique.

 

Umoja Shoes

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